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Hot-Club de France






Main

Critique parue dans le Bulletin du HCF No 567, janv. 2008 

SOUTH SIDE JAZZ SERENADERS – « LIVIN’ HIGH »
(Stomp off 1420)

Un bien bon disque ! Cette formation suisse, enregistrée en direct en Angleterre en juillet 2006, est composée de René Hagmann (ct, cl, as, bs), Thomas Winteler (cl, ss), Lou Lauprêtre (p), Pierre-Alain Maret (bj), Henri Lemaire (b), Jean Lavorel (dr, wb) et, en invité, Matthias Seuffert (cl, as), plages 11 et suivantes.

Thomas Winteler sera peut-être une révélation pour vous comme il l’a été pour moi : belle sonorité, jeu chaleureux, des idées à revendre, beaucoup de « drive » et d’énergie, constant dans son inspiration en solo comme en accompagnement ou en seconde voix, voilà un musicien qui a assimilé à merveille son Bechet et son Dodds. Le disque lui doit certainement beaucoup. Le multi-instrumentiste René Hagmann a des qualités de leader au cornet et tient parfaitement sa partie dans les duos de clarinette (Bechet’s fantasy). Il est moins convaincant à l’alto et assez rugueux au baryton (Washboard wiggles). Nos deux souffleurs sont bien soutenus par la bonne section rythmique qui ne manque pas d’allant et de swing. Matthias Seuffert a un jeu plus haché, moins régulier que Winteler à la clarinette ; on l’entend à l’alto dans Carry me back, très « dixielander ».

J’ai apprécié les parties à deux clarinettes, notamment dans Bechet’s fantasy, où Winteler est très Bechet. Georgia cabin réussit à émouvoir tout en restant très près du prestigieux modèle car le saxo soprano de Winteler ne donne pas l’impression d’une banale copie. Il fournit aussi à la clarinette un swingant contrepoint au cornet du leader, avec d’étonnants accents à la Dodds, dans Idle hour. Quincy street, bien emmené par le batteur, est suivi par un Passport to paradise qui nous rappelle quel grand lyrique était Sidney Bechet, avec cette touche d’emphase qui l’habitait parfois. Le morceau suivant Ballin’ the Jack est joué à un train d’enfer. I wish I could shimmy offre un expressif jeu de cornet avec sourdine, sur un bon tempo, et Thomas Winteler surclasse sans peine Matthias Seuffert.

Vous ne vous ennuierez pas avec cet orchestre. Il y a des idées, du dynamisme, le souci de la grande tradition sans reproduction plate et paresseuse. L’enregistrement est assez bon mais la contrebasse n’est pas très nette et le piano est en retrait, même en solo, ce qui est dommage pour le jeu de Lauprêtre.

Daniel Janissier  
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